Cette belle promesse qui permet, le temps de l’annonce, de faire oublier les mouvements de contestation menés par les associations de parents d’élèves qui s’organisent partout dans le monde depuis plusieurs mois, ne résiste malheureusement pas à la réalité des faits et à la situation dans laquelle se trouve actuellement le réseau d’enseignement français à l’étranger. Car les chiffres parlent d’eux-mêmes : 33 millions d’euros ont été supprimés sur les crédits l’été dernier, contraignant l’AEFE (Agence pour l’enseignement du français à l’étranger) à prévoir la suppression de 500 postes d’enseignants titulaires. La ponction sur les établissements qui passe de 6 à 9% aura pour conséquence l’augmentation drastique des frais de scolarité.

A cette coupe claire dans le budget vient s’ajouter pour les établissements le gel de plusieurs projets immobiliers, alors qu’ils auraient besoin de se doter de locaux neufs ou de s’agrandir pour accueillir 300 000 nouveaux élèves dans les sept ans à venir. Sans moyens supplémentaires, le doublement des effectifs, à marche forcée, aura comme seul effet la saturation des classes.

Les organisations syndicales et l’association Français du Monde/ADFE ont dénoncé cette régression budgétaire, véritable agression contre l’AEFE, au sens où cette baisse de près de 10% de son budget va conduire à la suppression de 8% des effectifs actuels, quand, dans le même temps, de nombreux étrangers choisissent d’inscrire leurs enfants dans nos écoles françaises pour leur réputation d’excellence pédagogique. Il est légitime de se demander quelle est donc la volonté réelle du gouvernement face à ce formidable outil de service public qu’est l’AEFE ? Est-elle de forcer au dé-conventionnement nombre d’établissements et de les amener vers une privatisation graduelle ? Quels seront les partenaires que l’AEFE est encouragée à identifier ?

Pivot incontournable de notre diplomatie d’influence, vecteur pédagogique unique pour les Français et la Francophonie, le réseau des lycées français à l’étranger incarne «le soft power à la française». C’est en ce sens qu’il n’existe qu’une solution pour répondre aux attentes des familles : rétablir dans un premier temps les moyens budgétaires indispensables à la survie de l’AEFE.

Source: Libération