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Avant 1870, les jeunes filles, ayant peu de droits, n'avaient pas accès à l'enseignement scolaire. Elles ne savaient donc ni lire, ni écrire, ni compter.Avec la naissance de la IIIéme République, les temps changent: les jeunes filles sont toujours considérées comme inferieures, elles obtiennent cependant des droits, en particulier le droit à la scolarité. Leurs vies vont donc être bouleversées grâce à des lois qui petit à petit changent leur histoire.

1- Avant 1870, les filles sont exclues de la scolarité

a- Comment les filles sont-elles considérées ?

La place des filles dans la société n'a guère changé.....

Considérées comme inférieures comme on peut le lire dans manuels d'éducation fémimine, elles sont confinées dans un rôle traditionnel : "tout est fait pour conforter la petite fille dans sa faiblesse.Elle sort peu, on lui interdit les jeux dit de garçons, elle joue avec une balle en laine filée moins lourde et moins dangereuse car les exercices violents sont incompatibles avec les natures délicates".

Fin XIXème - début XXème elles sont éduquées pour les travaux ménagers, la cuisine, le ménage, apprendre à s'occuper d'un nourisson....Tout cela en vue uniquement de les marier pour qu'elles forment de "parfaites ménagères". Elles apprennent la vie pratique et utilitaire. L' enseignement dispensé n'a aucun lien avec le savoir intellectuel. Les écoles de la première moitié du XIXème siècle forment donc les jeunes filles pour devenir des femmes chrétiennes, des épouses aimables, des mères tendres, des économes attentives dans la plus grande tradition de la France du XIX° siècle. La Révolution de 1789 ne semble pas avoir laissé de traces car elle fut avant tout une histoire d'hommes et de bourgeois en particulier qui considéraient la femme comme avant tout une mère et une épouse.

Après 1850, l'enseignement secondaire des filles devient l'affaire de débats politiques. La nature des écoles changent: les rares établissements laïcs sont financièrement plus fragiles et cèdent la place aux pensions religieuses jusque dans les années 1880.

b- La naissance tardive des écoles pour filles

"Mixité"

La caricature contemporaine de Schwartz illustre bien la séparation de l'époque garçons - filles dans les établissements scolaires. la mixité est interdite et ce pour longtemps...

- La loi Guizot de 1833 autorise en théorie la mixité...Cette loi rend en effet obligatoire pour toutes les communes une école primaire élémentaire. La mixité est très exceptionnellement une réalité en France car l'école ne concerne que les garçons selon les principes de l'époque ; toutefois, quand elle existe, elle n'est qu'apparente car un mur mental sépare toujours les garçons et les filles dans les mentalités des familles. Longtemps les filles et les femmes furent, aux yeux des fondateurs de la République, le maillon faible. La démocratie devait se méfier de “la fragilité des esprits féminins”.

- En 1867, Victor Duruy autorise la création d'écoles pour filles dans les communes de plus de 500 habitants, mais peu les fréquentent.

Les progrès législatifs sont lents mais réels. Deux périodes peuvent être distinguées :

c- Les lois, textes, réformes, et décrets antérieurs à la IIIème République : les filles sont "oubliées"....

- La loi Guizot du 28 juin 1833 a institué la liberté de l'enseignement primaire.

- La loi de Parieu du 11 janvier 1850 imposait à toutes les communes de plus de 500 habitants d'ouvrir une école de fille.

- La loi Falloux du 15 mars 1850 instituait la liberté de l'enseignement secondaire.

- La loi Duruy en 1867 crée les cours secondaires féminins publics.

Avant la IIIème République, les écoles étaient des écoles congrégationnistes, c'est à dire qu'elles étaient dirigées par l'Eglise. Ce sont les clercs qui assurent les enseignements.

d- Les lois, textes, décrets, réformes pendant la IIIème République : une amorce de révolution... ou... d'évolution ?

- La loi Camille Sée de 1880 ouvre l'enseignement secondaire public des jeunes filles en créant des collèges et des lycées.

- La loi Ferry de 1881 institue la gratuité de l'enseignement primaire et en 1882 institue l'obligation et la laïcité de l'enseignement.

- Le décret de 1891 transforme l'enseignement spécial en enseignement moderne.

- Le décret de Léon Bérard en 1924 institue, pour les filles, le même enseignement secondaire que les garçons.

Le baccalauréat est ouvert aux filles en 1924.

e- Les réactions face à ces lois

Du XIXème à la première moitié du XXème siècle, pendant près d'une centaine d'années, en dépit des lois qui instaurent l'enseignement obligatoire, les mentalités ne changent guère: les filles sont toujours considérées comme le précise la citation suivante: "Donner la même éducation aux filles et aux garçons, c'est confondre ce que la nature, le bon sens, l'ordre, la société, la religion commandent de distinguer." déclare Mgr Donnet, archevêque de Bordeaux. La France reste donc profondément conservatrice à l'égard des jeunes filles et des femmes. L'Eglise et les politiques se chargent de maintenir les mentalités ancestrales: deux idées essentielles marquent donc cette époque:

- l'Eglise refuse l'égalité des sexes devant l'éducation et l'instruction.

- Elle reste donc une barrière dans le développement de l'instruction des filles, or l' Eglise occupe toujours une place prépondérante dans notre pays car plus de 90% de la population pratique régulièrement et écoute les préceptes enseignés.

2- La naissance d'une école ouverte aux filles

a- les differents types d'école ouvertes aux filles sont synonymes de progrès théoriques...

- la maternelle

- le primaire

- l'enseignement pratique grâce à la loi Goblet : il débouche sur des métiers d'employés de bureau et de commerce.

- l'université ( début XXéme )

- les écoles normales pour devenir institutrices... les femmes institutrices accédent au statut de fonctionnaire de la République.

Même si les lois Jules Ferry changent petit à petit la donne, l'école demeure peu fréquentée par les filles jusqu'à la fin du XIX° et le début du XX° siècle.

b- Les matières enseignées: entre tradition et ouverture d'esprit.

Les matières enseignées ne sont pas nombreuses, mais elles ne sont pas les mêmes selon le sexe...Le sexisme scolaire et intellectuel est révélateur des mentalités de l'époque.

-langue et littérature francaise

-histoire et géographie

- morale, dessin, écriture, musique et couture

I'enseignement est avant tout littéraire, civique et politique tout en étant pratique pour les filles.Elles ne sont pas l'égal des garçons, pas de latin, et peu ou pas de sciences. La distinction sciences / lettre est donc en marche : sciences pour les garçons et lettres pour les filles.

c- Les examens qu'elles ont enfin le droit théorique de passer...

Les examens s'ouvrent aux filles petit à petit , mais les parents n'encouragent guère la scolarité de celle ci après l'école primaire sauf dans les milieux bourgeois éclairés et souvent citadins..

- le brevet élémentaire

- le baccalauréat. Elles ont pu passser leur bac (avant elles ne pouvaient passer que le brevet ) car les établissements publics pouvaient les y préparer. Une fille arrive même à rentrer à l'école polytechnique: Anne Chopinet.

d- Les réactions

L'enseignement de la religion disparait dans les écoles laiques au profit de la morale. L'adoption de la loi Camille Sée provoque un débat houleux à la Chambre des députés et au Sénat. L'Eglise s'oppose à J.Ferry, car elle pense que l'école va amener les femmes à réfléchir et comme elle le dit par ses portes paroles à former des femmes "libres penseurs". L'école publique ouverte aux filles n'est donc pas bien acceptée.

Conclusion:

Avant la IIIème République, les filles étaient exclues de la scolarité. La femme devait être une parfaite épouse et une mère de famille dévouée. Cependant, des textes, réformes, décrets et lois sont venus briser cette idée reçue.

Les filles peuvent désormais accéder à la scolarité. L'école est synonyme d'épanouissement et de liberté même si la mixité mettra beaucoup de temps avant de s'installer en France (1968) et ainsi s'affirmer comme une valeur Républicaine. Pouvant désormais passer des examens, elle deviendra très tard l'égal de l'homme même si l'Eglise s'y oppose fermement.

On peut considérer l'école républicaine ouverte aux filles comme un laboratoire expérimentale de la future société française. 

Source: ac-rennes 

Tag(s) : #CRPE CSE, #CRPE, #Education nationale France

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